CRÉATION

Claude Bourgeyx a écrit pour Jacques de Berne un monologue pétri d’amitié pour se battre contre la peur de jouer, cette peur qui accompagne tous les acteurs authentiques. Des retrouvailles, donc, autour d’un personnage étrange, survolté, hanté par le mythe du King, tour à tour haïssable et envoûtant.

Le spectacle a été créé au Glob théâtre à Bordeaux en juin 2005, dans une mise en scène de Jean-Paul Rathier, assisté de Catherine Zabjesky. Interprétation Jacques de Berne, Scénographie Max Michelena, Lumières Julien Boizard, Vidéo Thomas Rathier, Musique Benoit Michelena et Guillaume Ringwald, Costumes Martine Baudin-Rathier. Production Script.

 

UNE « FABLE ROCK’N’ROLL » DÉDIÉE À JACQUES DE BERNE.

Avec cette fable rock’n’roll sur le paradoxe du comédien, Claude Bourgeyx nous embrouille. Qui de l’acteur ou du personnage mène l’autre par le bout du nez? Comment savoir quand le personnage se prétend acteur et profère des horreurs sur son métier? Cabotin un tantinet précieux, il a derrière lui une longue carrière et une cohorte d’admiratrices à ses trousses. Mais tout ça c’est du passé, puisqu’il nous avoue n’avoir jamais rêvé que d’une chose : entrer un jour dans la peau du King. Il s’y prépare opiniâtrement avec Carmen, son professeur de danse. Se sachant promis à un avenir de roi, comme Elvis, plus rien désormais ne l’arrêtera. Homme insatiable, force rêveuse, il va allègrement son chemin vers la mort, bien décidé à vivre – avant que le rideau ne tombe – un désir autrefois injustement contrarié : la gloire. Cette gloire acquise auprès d’un public qui vous la confisque du jour au lendemain. Et que vous punissez. Ainsi naissent les tragédies. Et notre homme en connaît un rayon sur la tragédie, c’est son métier, faire l’acteur. Il a toujours fait ça. L’essentiel est qu’il se sache promis, à jamais, à un avenir de roi.

Ce désir trop longtemps et si injustement contrarié par l’entourage, il s’autorise enfin à le vivre. Avec le rock’n’roll une nouvelle parole se fait entendre. Mais d’où vient cette voix qui le met à la question pour le confondre dans ses contradictions et ses errements de comédien soi-disant raté? Cruelle épreuve de vérité où le personnage se montre animé tout à la fois par la haine et l’amour du théâtre. Jusqu’à réaliser qu’il y a au plus profond de chaque bon comédien un Landru qui s’ignore. Là se trouvent intimement liés le sens du tragique et la force du comique. C’est du Bourgeyx. Et qui mieux que Jacques de Berne pouvait faire un tel retour aux sources?

 

 

 

Conception : Antoine Rathier