EXTRAITS

«Roberta: Alors, comme ça, vous venez vous faire égorger.

Édith: Ah! c’est donc cela. Tu entends, Paul? Nous sommes ici pour l’égorgement. J’avais complètement oublié.

Roberta: Une chance que ça me soit revenu! De toute façon vous n’y auriez pas échappé. C’est le destin.

Paul: Oui, ce qui est écrit doit s’accomplir. Comme on dit, quand c’est écrit...

Édith: ... c’est écrit!»

 

UNE COMÉDIE BIODÉGRADABLE

«Il faut égorger les Jambon», tel est l’impératif catégorique de «Demain, même endroit même heure».

Soit la famille Leprince, père lubrique invétéré, mère téléphage, fils pervers et poète, fille pasionaria, sommée d’obéir à cette commande absolue: l’exécution d’un couple, lui médecin d’opérette, elle femme mortifiée.

Tous les ingrédients sont en place pour une histoire dézinguée dont le spectateur, mieux que les personnages, connaissent les rouages. Ces derniers essaient bien de se donner un destin à la mesure de leur lubricité, de leur sadisme ou de leur perversité, mais, lois de la fiction obligent, ils sont vite ramenés au meurtre que commande en sous-main l’auteur dramatique, grand ordonnateur de la fiction. Pantins grotesques soumis aux pressions des événements, ils cherchent des échappatoires, s’obstinent à maintenir haut l’étendard de la petite survie quotidienne tandis que Bourgeyx, en bousilleur génial fait feu de tout destin tranquille. C’est une comédie digne de Jarry et de Ionesco, des petits Ubu se battent pour le pouvoir dans une fiction manipulée à vue ne se privant d’aucun rebondissement.

 

CRÉATION

Cette pièce a été créée en 2001, du 11 au 20 décembre, à la Hall des Chartrons à Bordeaux.

Mise en scène Jean-Paul Rathier. Scénographie Michel Hereria et Max Michelena. Costumes Hervé Poeydomenge. Lumières

Éric Blosse. Musique Benoit Michelena et Guillaume Ringwald. Son Yvan Blanloeil.

Avec Annie Mercier, Catherine Zabjesky, Marc Depont, Christian Loustau, Séverine Sallaberry et Thomas Rathier.

Coproduction Théâtre National Bordeaux Aquitaine en préfiguration / Script Cadillac > Scène ouverte.

 

 

 

 

Conception : Antoine Rathier